LA COULEUR DES ANGES

Sheffield, 1895

Elizabeth Hillmore, jeune adolescente atteinte d’albinisme, souffre de sa différence physique, mais se distingue du commun des mortels sous des traits cristallins qui cachent un caractère d’exception. En exil dans notre monde, et en perdition dans cette province anglaise, elle lit Whitman pour se souvenir que le bonheur existe.
Bien éduquée, dans une famille aristocratique, la jeune fille sait s’incliner devant les obligations d’apparat. Mais comment paraître face aux autres pour ne plus être cette silhouette sans épaisseur ni dimensions humaines.
Peu à peu, l’héroïne se réfugie dans un monde onirique car, même si ses jours sont insupportables, ses nuits sont bercées de passions. Son âme tout entière est vouée à une tout autre réalité ; donner son corps, telle une offrande, qu’elle rêve de consumer par amour, et pour l’amour. Mais quand le rêve et l’utopie viennent compenser une triste existence, la vie ressemble à un camp retranché, une petite bulle en suspension…
Elizabeth verra bientôt sa chair internée ; mais qu’adviendra-t-il de son esprit de haute-voltige, intellectuel et sacré ? Ses parents infidèles concèderont-ils le sacrifice de leur bien pour un nom à blanchir ?
Une chose est sûre, on ne finit pas ses jours sur cette terre hostile, lorsque l’on rêve encore de « la plus pure des couleurs qui soit ».

Le premier roman de Robert Douault rend aux apparences humaines ses mauvais tons et ses impuissances en dénonçant une société qui condamne l’exception. L’auteur se joue du temps, empruntant au passé des similitudes à notre époque, et parle, dans un récit profond, d’un malaise qui mérite d’être entendu.


Pastel nommé "Portrait d'Elizabeth" dessiné par Anne-Catherine Bier
© 4 Avril 2006 - 2008 Robert Douault.com
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